LES COMBATS MEURTRIERS DE 1914

SOUVENIRS DE GUERRE D’UN POILU DE 14-18

(François Portes 1889-1979)

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1 - CARNET DE ROUTE
Le texte suivant est l'exacte reproduction du carnet de route écrit au jour le jour par mon père François Portes, ce qui explique certaines tournures de phrases, certaines expressions.

        Départ le 2 août 1914 de Bernos (Gironde) pour rejoindre le régiment à Mont-de-Marsan.
        Départ le 6 de Mont-de-Marsan sur Bordeaux où nous sommes restés 2 heures et où nous avons bu le café. Ensuite nous sommes repartis sur Libourne, Poitiers, Tours, Orléans, Troyes, et nous avons débarqué le 9 à minuit. Nous avons fait 30 kilomètres à pied et nous avons cantonné à Blénod-lés-Toul (Meurthe et Moselle) pendant 2 jours, puis nous avons été à Bulligny, Hamoville, toujours en Meurthe-et Moselle, Troussey (Meuse), où nous sommes restés pendant 8 jours sans être attaqués. Puis nous avons reçu l'ordre de partir en BELGIQUE. Nous avons marché toute une nuit pour nous rendre à la gare de Pagney (Meurthe et Moselle). Nous avons embarqué le 17 août à 7 heures du soir. Nous avons débarqué en gare de Avesne (Nord), le lendemain après midi. Le 18 au soir nous avons cantonné à Lez-Fontaine (Nord), le 19 à Sorle-le-Château (Nord). Le 20 nous avons passé la frontière et cantonné à Civry (Belgique). Le 21 nous sommes allés à Beaunont, le 22 à Thuin et le dimanche 23 août, nous avons eu un grand engagement avec les Allemands qui ont bombardé la ville de Thuin, mais il n'y a eu que le premier bataillon qui a eu du mal. Ensuite dans la nuit nous avons été obligés de nous replier. Nous avons reculé pendant 8 jours, nuit et jour, jusqu'au 29 sans avoir été attaqués qu'une fois à minuit où ma compagnie, la 8ème, a pris une batterie d'artillerie et une mitrailleuse Allemande. Le 29 août grand combat à Ribemont (Aisne), où nous avons poussé la charge à la baïonnette, mais nous avons été repoussés et nous avons eu de nombreux morts et blessés. Nous avons reculé ensuite jusqu'au 3 septembre où nous étions à une quarantaine kilomètres de Paris. Nous avons repris l'offensive le 6 septembre au matin à Provins (Seine et Marne). Nous avons avancé jusqu'au 8 septembre et nous avons livré un combat depuis l'après-midi jusqu'au lendemain matin 3 ou 4 heures à Marchais (Aisne) sous une pluie terrible et dans l'argile jusqu'au cou. Le 10 cantonnement à Essises (Aisne) sans combat. Le 11 cantonnement à Vaux (Aisne). Le 13 grand combat tout l'après-midi sans pouvoir avancer. Nombreux morts et blessés à la compagnie et dans tout le bataillon. Le 14 la bataille a continué par les deux autres bataillons qui ont repoussé les Allemands avec de grandes pertes. Le 15 et le 16 la bataille a continué sur place. Nous sommes restés toute la journée du 16 sous un bois où les obus nous tombaient sur la tronche, sans avoir eu que 4 ou 5 blessés. Le soir nous nous sommes annichés sous un buisson sans avoir croûté que des pignes depuis la veille. Vers 10 heures il nous est arrivé un ordre qu'il fallait partir attaquer les alboches à la baïonnette. Nous sommes partis baïonnette au canon à travers bois et champs, à chaque instant trébuchant des cadavres de la veille, sous une nuit très sombre. Vers les 3 heures du lendemain matin nous avons entendu un coup de feu tiré tout près de nous par une sentinelle. Nous avons avancé encore quelques centaines de mètres et nous sommes tombés entre les alboches qui nous ont reçu avec les fusils et les mitrailleuses. Nous avons voulu y aller en poussant la charge, mais il a été inutile et nous avons dû nous coucher sur place à cause que les balles nous accablaient. Ils nous ont canardés à peu près ¾ d'heure, tant qu'ils ont voulu. C'étaient ¾ d'heures d'angoisse terrible, ne pouvant pas broncher de place, le nez dans la terre, le sac sur la tête, entendant crier les camarades touchés à mort à chaque instant. Une fois passé ce temps là nous avons commencé à entendre une espèce de clairon dans les tranchées et un tambour, puis des cris sauvages. C'étaient les croquants qui venaient à la baïonnette. Une fois qu'ils ont été à nous, ils nous ont fait lever, à ceux qui n'étaient pas morts et aux blessés. Ils nous ont rassemblés; ceux qui ne se levaient pas assez vite recevaient de bons coups de pied dans le cul ou des coups de crosse et même des coups de baïonnette. C'était atroce. Nous étions encore 150 sur 800 environ. 120 sains et saufs et une trentaine de blessés. C'était la pointe du jour. Nous avons transporté les blessés dans une ferme, puis ensuite nous avons pris la direction de Laon sous une pluie terrible. Là nous avons couché dans une caserne sans encore rien avoir mangé que des betteraves depuis l'avant veille. Le lendemain matin nous avons touché un quart de pain, noir comme de la suie et nous sommes repartis à pied pour Marle où il y avait 25 kilomètres. Nous y avons couché. Le lendemain nous avons été à la gare décharger un train de cailloux et de ferraille, pour nous embarquer dans des wagons ouverts. Nous avons été jusqu'à Hirson (Nord) où il nous a fallu descendre à cause que le viaduc avait sauté. Nous avons couché dans ce patelin et le lendemain matin nous avons été reprendre le train à Anor (Nord) à 7 kilomètres de Irson sur la frontière Belge. On nous a fait manger un morceau de pain puis on nous a enfermés 52 dans chaque wagon dans des wagons à bestiaux. Nous sommes restés fermés 3 nuits et 2 jours sans que l'on nous ouvre, étant obligés de nous servir des képis comme water-closets. Enfin nous avons débarqué le 23 à midi à Erfurt (Allemagne). Nous étions bientôt tous crevés.

2 - CAMPAGNE CONTRE L'ALLEMAGNE
      HISTORIQUE DU 34e RÉGIMENT D'INFANTERIE.
      1914 - 1918 (extraits)

      Lorsque la mobilisation générale fut décrétée le 2 août 1914, le 34e Régiment d'infanterie tenait garnison à Mont-de-Marsan (Landes). Cultivateurs de la Chalosse,résiniers des Landes, montagnards du Pays Basque, paysans Béarnais, formaient le fond de son recrutement.      Les 6 et 7 août 1914, le Régiment quitte Mont-de-Marsan sous le commandement du colonel Capdepont et débarque dans la région nord-est de Toul. Le 14 août, il est dans la région Grosrouvres-Ausonville-Hamonville.      Le 15 août a lieu le premier contact avec l'ennemi. Une patrouille composée des éclaireurs montés du régiment, surprend et met en fuite à Mandres-aux-Quatre-Tours, un parti de uhlans qui s'était glissé dans cette région. Les éclaireurs Signorello et Bordes se distinguent dans cette affaire.
     BATAILLE DE CHARLEROI

Mais, la neutralité belge ayant été violée, la grosse masse des armées ennemies déferle sur le nord de la France. Le XVIIIe C. A. est retiré de la Woëvre et affecté à la Ve Armée (général Lanrezac). Le 34e s'embarque les 17 et 18 Août à Pagny-sur-Meuse.Il est transporté dans la région d'Avesnes. Aussitôt débarqué,  il entre en Belgique et forme l'avant-garde du XVIIIe C. A. Le 21 il est sur la Sambre. Le 23, le 34e occupe les positions suivantes :
     3 e Bataillon, commandant Roujou, à cheval sur la Sambre, défend les avancées de Thuin.
     2e Bataillon, commandant Communal, à l'est du précédent, sur la croupe N.-E. de Thuin.
     1erBataillon, commandant Guelhers, en réserve au S.-E. de la ville. La bataille commence le 23 à neuf heures. L'infanterie allemande ne peut aborder les lignes occupées par le 34 e. Mais sur notre gauche, les Allemands ont pu s'emparer du pont de Lobes et, continuant leur avance, menacent les arrières du Régiment. Une contre-attaque à la baïonnette menée par le Bataillon en réserve du Régiment (1er Bataillon) et des éléments du 144e, réussit à arrêter leur progression. Le 23 août au soir, toutes les positions occupées par le Régiment ont été maintenues, mais dans la nuit du 23 au 24, conformément au plan général de retraite, le 34e se retire vers le sud-ouest. C'est le commencement de la retraite de Belgique.

     RETRAITE DE BELGIQUE
     COMBAT DE GUISE :
Cette période fut pour le 34e une des époques les plus pénibles de la guerre ; les troupes eurent à fournir un effort physique considérable, sans ravitaillement, sans sommeil, sous un soleil de feu. On marche à travers champs, les routes étant encombrées par l'artillerie et les convois et aussi par la population qui fuit en toute hâte l'approche de l'ennemi. Avec cela l'angoisse de la situation dont chacun sent toute la gravité. Malgré tout, le moral est très bon et la confiance reste entière. Le 25 août, le Régiment constitue l'arrière-garde de la Division. Après avoir mis en fuite des groupes de cavaliers et des détachements cyclistes qui le harcèlent, il arrive dans la soirée dans la région Ramouzies-Sémeries-La Rouflette, où il doit passer la nuit. Mais l'ennemi nous talonne de près, il y a contact un peu partout : à Sémeries, une patrouille de cavalerie est dispersée, nous abandonnant une vingtaine de chevaux. A Ramouzies la 8ecompagnie (capitaine de Vulpillières) allant occuper ses emplacements d'avant-poste, disperse un fort détachement allemand et capture deux mitrailleuses, un canon et deux caissons. Au lieu de prendre un repos bien gagné, le régiment reprend aussitôt sa marche en retraite vers le sud-ouest. Il traverse l'Oise à Herloy et se porte sur Ribemont-sur-Oise qu'il atteint le 28 août dans l'après-midi. Le lendemain 29 août, a lieu le combat de Guise. A 6 heures du matin, la 36e D. 1. attaque en deux colonnes en direction générale d'Homblières, encadrée à droite par la 38e D.I. à gauche par la 35e D. I. Le 34e qui forme la tête la colonne de droite passe l'Oise à Sissy. Les deux premiers objectifs : l'arbre de Sissy et la Raperie sont rapidement atteints. L'ordre est alors donné de stopper et de s'organiser défensivement en attendant que les réserves de la Division aient franchi l'Oise. Le 34e occupe les emplacements suivants :
2e Bataillon : Croupe N.-O. de la Raperie.
3e Bataillon : En échelon en arrière et à gauche.
1eBataillon : A l'embranchement du chemin La Raperie-Cote 116. La colonne de gauche et 1 bataillon du 18e après avoir enlevé la ferme Lorival, vient s'aligner sur le 34e A 13 heures, le 1er Bataillon qui a été porté derrière les bois au Nord de la Côte 129, reçoit l'ordre d'attaquer la ferme Cambrie, en prolongeant vers la droite l'attaque du 49e Le 2e Bataillon prolongera à droite l'attaque du 1e Bataillon, en liaison avec un régiment de tirailleurs. Le 3e Bataillon suivra en réserve, derrière le 2e. La progression est d'abord rapide. La fatigue des jours précédents est oubliée ; malgré les balles qui sifflent nombreuses on avance toujours, mais la résistance ennemie devient de plus en plus tenace; la violence du feu augmente, la charge sonne, les premier et deuxième Bataillons s'élancent à la baïonnette; les avancées de la ligne allemande sont submergées. Les nombreuses mitrailleuses dissimulées dans des boqueteaux se dévoilent à ce moment. La progression se ralentit puis s'arrête, malgré l'intervention des compagnies du Bataillon en réserve. On s'organise sur place sous une pluie de balles. A la tombée de la nuit, le Régiment rompt le combat et passe sur la rive gauche de l'Oise protégé par des éléments d'arrière-garde. L'affaire est terminée, elle a été chaude et les pertes sensibles, mais le Régiment s'en est tiré à son honneur. A citer la conduite des capitaines Morin, Lartigue, Lhoste et Joanne (ce dernier tué pendant l'assaut), qui ont superbement chargé à la tête de leur compagnie. Le sergent-major Leyries qui transporte sur son dos et sous le feu, son capitaine grièvement blessé. Le capitaine de. Vulpillières, qui, au moment où la progression est arrêtée, parcourt sans cesse debout et au pas, au milieu d'une grêle de balles, sa ligne de tirailleurs pour encourager ses hommes.L'adjudant-chef Loustau qui fait superbement tête à l'ennemi avec son peloton et permet le passage de l'Oise parle Régiment L'adjudant-chef a été décoré pour ce fait, de la Médaille Militaire. Le mouvement de retraite vers le Sud est, repris le 30 août. La marche est rapide, sans arrêt, car l'ennemi avance à marches forcées. Le Régiment passe l'Aisne à Vailly; la Vesle à Courcelles; la Marne à Jaulgonne. Des détachements ennemis qui ont passé la Marne Château Thierry essaient de gêner la marche de la Division ; le 3e Bataillon du 34eleur est opposé et réussit à les contenir. Le 4 Septembre, le Régiment continue sa retraite vers le Sud, passe à Marchais-en-Brie, traverse le Grand Morin et arrive le 5 dans la région Courchamps-Savigny-Gembois. C'est la fin de la pénible retraite de Belgique.

     BATAILLE DE LA MARNE

Le 6 septembre au matin, l'ordre est arrivé de faire demi tour et d'attaquer les Armées allemandes dont la situation paraît aventurée. Comme une traînée de poudre, cette nouvelle se répand, redonnant des forces aux plus fatigués, décuplant le courage de tous. Le Régiment, animé d'une ardeur nouvelle, reprend la marche en avant. C'est la bataille de la Marne. Le 6 au soir,il bivouaque dans la région Rupereux-Coffrain. Le 7 la pression sur l'ennemi continue ; la ferme Chevrière est enlevée. La retraite allemande s'accentue dans l'après- midi ; la poursuite s'accélère. Par Pierreley et Véronge, le 34e atteint le Grand Morin, il occupe Vendières le 8, mais en débouchant de ce village, le Régiment est accueilli par un feu violent d'artillerie et d'infanterie. L'ennemi tente de faire tête. Le 2e Bataillon,puis le 1e, sont engagés successivement encadrés à droite par le 249e à gauche par le 49e. Le Régiment atteint en combattant la lisière Ouest du bois de Courmont, puis la lisière Est. Une section de la 5e compagnie (sous-lieutenant Lurine-Lugat) et une section de. mitrailleuses (lieutenant Daugreilh) parviennent même à occuper le Château où ils se maintiennent malgré tous les efforts de l'ennemi pour les déloger. Pendant ces opérations, le 18e R. 1. a enlevé à droite du 34e la petite ville de Marchais-en-Brie, ce qui permet à la 36e D. 1. de reprendre sa marche en avant le 9 septembre. Après son échec de la veille, l'ennemi retraite très rapidement, serré de près par nos troupes. Le 11 septembre, le 34e traverse la Marne à Château-Thierry ; le 13 septembre, ïl passe l'Aisne à Maizy, se porte sur Beaurieux et s'engage dans le bois du même nom où il retrouve le contact de l'ennemi. Les Allemands sont installés sur le Chemin des Dames et font tête sur tout le front.

     BATAILLE DE L'AISNE

Le Régiment est au pied du Plateau de Craonne, véritable muraille tombant à pic sur l'Aisne. Le 13 septembre, le 2e Bataillon reçoit l'ordre de s'emparer du Moulin de Vauclerc, mais l'ennemi se défend avec acharnement ; le 2e Bataillon ne peut dépasser le bord du Plateau. Le 3e Bataillon vient prolonger le 2e à droite ; une partie du 1e Bataillon le prolonge à gauche. Les efforts combinés de tous ces éléments ne peuvent malgré d'héroïques sacrifices arriver à forcer l' ennemi. La ligne française s'accroche à la crête Sud du Plateau de Vauclerc. Pendant la nuit, le 1e Bataillon prend à son compte tout le front du Régiment, tandis que les 2e et 3e se regroupent dans. le bois de Beaurieux. Le 14 septembre, l'attaque recommence. Le 3e Bataillon est engagé à la gauche du le sur lequel il parvient à s'aligner avec beaucoup de difficultés. Cependant, dans la soirée, la ligne entière a pu progresser ; une batterie d'artillerie est capturée dans la région du Moulin. Mais, la ligne de faîte du Plateau, très énergiquement défendue, ne peut être entamée.

C'est au prix des plus grands sacrifices que le Régiment a réussi à s'accrocher sur les pentes Sud du plateau de Craonne entre Hurtebise et Craonnelle. Le colonel Capdepont et son officier-adjoint, le capitaine Dubroca, sont grièvement blessés. Le 3e Bataillon a perdu le même jour et successivement deux chefs de bataillon : le commandant Roujou et le capitaine Pérez qui lui avait succédé. >A citer: Le sous-lieutenant André Lacaze qui, tout près du moulin de Vauclerc qu'il a atteint dans un élan superbe est blessé d'une balle au bras, refuse de se faire panser et est tué d'une balle au front sur la position qu'il a conquise. Le sergent Lacrouzade, qui, chargé d'une reconnaissance, a su établir la liaison avec un Régiment voisin, à travers les lignes ennemies. Le capitaine Estrade, qui a obtenu la citation suivante à l' Ordre de l'Armée : Est tombé glorieusement à la tête de la Compagnie qu'il commandait, au moment où, ayant enlevé une partie du Plateau de Vauclerc il résistait à un retour offensif allemand fait par des troupes très supérieures en nombre. Sur tout le front, l'ennemi a fait tête et a arrêté l'avance des troupes françaises et anglaises ; une série de petits combats locaux, ayant pour but d'améliorer les positions, va s'engager. Dans le secteur du 34e, c'est le 2e Bataillon qui, par une, attaque de nuit brusquée, essaie le 17 septembre de s'emparer du Moulin de Vauclerc ; il n'y réussit pas et éprouve de grosses pertes. L'ennemi, de son côté, tente plusieurs attaques partielles qui sont toutes repoussées. A signaler celles du 25-26 septembre, du 3 octobre, du 27 octobre, du 7 novembre. Entre temps, le Régiment a été reconstitué à l'aide de renforts venus de l'intérieur. Il est commandé par le lieutenant-colonel Olive,. Le ler Bataillon est commandé par le commandant Guelhers. Le 2e Bataillon est commandé par le commandant de Vulpillères. Le 3e Bataillon est commandé par le commandant de la Guillonnière. La bataille de l'Aisne est terminée : la période de stabilisation du front commence. Ainsi, depuis le 20 août 1914, le Régiment s'est battu sans trêve ni repos ; il a retraité, repris l'offensive, pour venir dans un dernier effort s'accrocher au Plateau de Craonne. En toute cette période, les souffrances ont été terribles, les pertes ont été sanglantes, mais le 34e à fait preuve des plus belles qualités militaires qui sont d'un heureux présage pour les luttes à venir.