Rêve de prisonniers
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Erfurt le 10 décembre 1914

I
Quand donc reverrons nous cette terre de France
Notre chère patrie, qui nous l'espérons fort
De ce combat géant sortira triomphante
Et nourrira toujours un peuple noble et fort

II
Et quel bonheur pour nous, lorsque perçant la vague
Nos yeux appesantis verront dans le lointain
Le profit bien aimé de notre cher village
Avec son vieux clocher et ses riants jardins

III
Le soir qui vient déjà allumer bien des lampes
Et en nous rapprochant nous distinguons fort bien
Des volets entr'ouverts, des âtres où le feu flambe
Mais nous appréhendons bien des foyers déserts

IV
Et, craignons le bien fort, l'angoisse sera grande
Lorsque nous approchant de notre cher logis
Nous frapperons anxieux. Mais point de défaillance
Voici la porte s'ouvre et la lumière luit.

V
Et quels transports surtout si autour de la lampe
Nous trouvons réunis, tous la main dans la main
Les êtres bien aimés laissés la mort dans l'âme
Et qui du même coup retrouverons soudain
Leur bonheur de jadis et celui de demain.

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